Préambule : la rencontre sur : « L’église émergente : une mise en perspectives » s’est déroulée sur une journée entière, à Paris, dans la Maison de l’Espérance. Chacun y était invité à réfléchir et à partager ses expériences sur le thème annoncé, à partir de la thèse de doctorat de Gabriel Monet. Ces lignes souhaitent en donner un compte rendu aussi fidèle que possible. Vu leur longueur, les exposés de Gabriel et celui de Jean Hassenforder seront accessibles, à partir d’un court résumé, par un lien renvoyant au texte intégral. Les échanges avec la salle ne sont pas exhaustifs, d’autant moins hélas qu’un loupé technique nous prive des interventions et partages.
Ouverture de la rencontre : Marie-Thérèse Plaine, présidente de Témoins, accueille chaleureusement les participants et dit sa joie d’assister, en tant que coordinatrice, à la 3ième journée organisée par Témoins sur le thème de l’Eglise émergente. Elle remercie Philippe Leduc et Gabriel Monet qui nous ont ouvert la Maison de l’Espérance et Andy Buckler qui accepte la lourde charge d’animer la rencontre. Elle note, dans l’assemblée, une grande diversité de cultures, de sensibilités, d’appartenances ecclésiales hors ou en église avec, pour certains, des appartenances missionnaires. Plusieurs pays sont représentés
: USA, Grande Bretagne, Suisse, Belgique, plusieurs régions de France : le Nord, Nantes, Toulouse, Lyon, Marseille, Rouen, la Baule et même les confins de l’Ile de France ! Un tiers des participants ne sont jamais venus à une rencontre sur ce thème et plusieurs, qui auraient voulu venir, ont été retenus par des obligations, notamment synodales.
Gabriel Monet confie à Dieu cette journée dans la prière puis Jean Hassenforder, responsable du groupe de recherche de Témoins a l’initiative de cette journée, prend la parole.
« Nous sommes rassemblés aujourd’hui pour tenter de faire le point sur une nouvelle expression d’église : le courant de l’Eglise émergente, et non seulement pour comprendre le phénomène, mais pour orienter en conséquence notre action.
De fait, notre présence ici s’inscrit d’abord dans une orientation de recherche : constater et évaluer le déphasage entre les pratiques d’église et les mentalités engendrées par la mutation culturelle et rechercher des voies nouvelles pour être et faire église dans un univers en pleine recomposition. Cette rencontre s’inscrit ainsi dans la recherche entreprise à Témoins depuis plus de dix ans. Association chrétienne interconfessionnelle, Témoins est né en 1987 à partir de plusieurs groupes ayant expérimenté de nouvelles manières de vivre et d’exprimer la foi. Nous sommes donc déjà là en présence d’une expression émergente. Les chrétiens présents à Témoins ont des cheminements variés dans des milieux très divers. Cette situation est propre à l’observation, à la comparaison, à l’expérimentation. Elle favorise une expression en liberté des besoins et des aspirations.
C’est dans cet espace qu’apparaît en 1999 un petit groupe de recherche qui, à partir des sciences sociales, s’interroge sur le déphasage des pratiques d’église par rapport au changement culturel et étudie en regard les innovations. La littérature de recherche française et internationale est explorée et les conclusions mises en évidence. Au long des années, ce travail à été mis à disposition sur le site internet de Témoins.
En 2001, cette équipe prend contact avec le groupe : Evangile et Culture qui fonctionne dans le cadre de l’Alliance évangélique. Une collaboration s’établit qui va déboucher sur l’organisation de journées communes. Nous redisons notre amitié à ceux avec qui nous avons ainsi travaillé : Matthew Glock et Stéphane Lauzet.
Ainsi, plusieurs journées vont jalonner notre parcours. Les trois premières sont organisées avec Evangile et Culture. Nous accueillons ainsi trois pionniers de l’Eglise émergente : En 2003, Stuart Murray, en 2004, Michaël Moynagh, en 2006, Brian Mc Laren. Les trois journées suivantes sont organisées par Témoins pour permettre une réflexion commune. Celle-ci porte sur l’Eglise émergente en 2007, sur les innovations dans l’Eglise en 2008, sur les groupes de maison en 2010.
Depuis le départ, Témoins a développé un réseau à travers le magazine, le site internet et de nombreuses rencontres comme celles qui ont eu lieu dans les années 2000 et qui ont porté sur internet. Ce réseau a continué à grandir à travers les journées que nous avons évoquées. Par l’intermédiaire de relations personnelles, nous sommes ainsi en contact avec de nombreux milieux d’église. Et c’est ainsi que notre travail se construit. C’est en 2004 que nous avons rencontré Gabriel Monet, au cours de la journée avec Michaël Moynagh, et depuis nous avons constamment travaillé avec lui. Gabriel Monet est aujourd’hui professeur de théologie pratique à la Faculté de théologie adventiste de Collonges sous Salève et il va nous rapporter aujourd’hui les conclusions de sa thèse de doctorat présentée à la faculté de théologie protestante de Strasbourg. De même, nous travaillons avec Andy Buckler depuis plusieurs années, en particulier depuis le dossier sur l’Eglise émergente paru en 2006 dans Perspectives Missionnaires. Et cette année, Andy Buckler est devenu responsable de la formation dans l’Eglise réformée de France. Nous lui avons demandé d’animer les différentes sessions de cette journée : état des lieux ; enjeux théologiques ; quelle mise en œuvre ? Il présentera lui même les amis qui vont intervenir en contrepoint des apports de Gabriel Monet.
A l’orée de cette journée, nous sommes heureux d’être ainsi rassemblés dans un climat d’amitié et de convivialité qui est le fruit d’une histoire commune. Nous avons conscience de l’ampleur de la mutation culturelle dans laquelle nous sommes engagés. C’est pourquoi, la réflexion sur l’Eglise émergente n’est pas un sujet parmi d’autres. C’est un enjeu majeur. Ainsi, tout naturellement, nous savons que l’Esprit de Dieu est à l’œuvre parmi nous. »
















